Economie - Mali
 
Fédération Nationale des Huileries du Mali, entre résister aux difficultés, à la concurrence déloyale ou disparaître…. Le Ministre Mohamed Ag
 
 
 
 
71 vue(s) | 15/06/2020
 
L’avènement de la démocratie a permis certes la création d’industries, d’emplois avec une politique incitative du gouvernement. Dans le domaine de l’industrie, surtout alimentaire, les acteurs ont décidé e créer une Fédération Nationale pour bien défendre leurs intérêts. C’est ce qui a vu la création dans la capitale de l’or blanc, Koutiala la FNHM. Parmi la succession de ministres de l’Industrie et du Commerce, celle de Mohamed Ag Erlaf pose problème. De nos jours, la FNHM se plaint de sa gestion du secteur, surtout que malgré les doléances posées, la majeure partie des membres de la FNHM sont menacés de fermer à cause de difficultés majeures et la concurrence déloyale asphyxie près de la centaine d’huilerie du Mali qui sont basées dans les zones production cotonnière au Mali. Notre équipe s’est déplacée pour constater de visu cette situation gravissime où ce sont des milliers d’emplois qui sont certes menacés, tout comme un manque à gagner criard pour l’Etat du Mali.

« Créée en juin 2009 à Koutiala, la Fédération Nationale des Huileries du Mali (FNHM) de nos jours, broie du noir », nous confie son président, M. Fanta Mady Kéïta qui est à sa quatrième fois d’occuper ce poste.

De nos jours, au Mali, explique notre interlocuteur, il y a 93 huileries dans le pays. Koutiala seule compte 32 huileries. Les autres sont implantées à Kita, Bamako, Bougouni, Sikasso, Ouéléssébougou, Ségou, Mopti, Dîola, Kati, Fana, San. Mieux, « la FNHM, poursuit le président Kéïta, a créée 15 000 emplois indirects dans le pays dont 3000 permanents ».

C’est fort de tous ces efforts, la FNHM est confrontée à l’aîgue casse-tête de la graine de coton produite par la CMDT qui s’avère très insuffisante. Selon le président Kéïta, la FNHM achète avec la CMDT 350 000 tonnes de graines de coton, soit 35 à 36 milliards de FCFA ». Mieux, ajoute-il « nous importons 300 000tonnesde graines en Côte d’Ivoire, en Guinée-Conakry, au Togo, au Bénin. En clair, la production de graine de la CMDT est trop insuffisante par rapport au nombre d’unités implantées dans le pays qui ont besoin d’un peu plus d’un million (1 000 000) de tonnes de graines par an alors que la CMDT n’offre que 350 000 tonnes.

Coût de l’électricité

Autre difficulté majeure à laquelle la FNHM se trouve toujours confrontée, demeure le coût de l’électricité qui se trouve très élevé. Il s’avère que la FNHM est le premier partenaire de l’Etat, ensuite vient la CMDT en matière de consommation d’électricité. A la FNHM ce problème a toujours été posé aux autorités, sans qu’aucune solution en soit trouvée. En réalité, la FNHM ne demande qu’un tarif industriel lui soit accordée alors cela existe dans la sous-région. Au Mali, le constat est très amer puisque EDM se rabat sur l’Etat pour baisser les prix de l’électricité.

A la FNHM qui se bat comme un beau diable pour que ses membres puissent s’épanouir, elle est confrontée à la commercialisation des produits de l’huile (huile, aliment bétail produit par campagne) puisqu’en hivernage, ils ne s’achètent pas. La FNHM est confrontée à des difficultés d’écoulement sur toute l’étendue du territoire national de ses produits qui sont très prisés, si l’on en croit le président et son secrétaire général.

Trop de problèmes dans la commercialisation des produits

« Nous avons trop de problèmes pour envoyer nos produits tant au centre du pays, qu’au nord à cause de l’insécurité », explique le président de la FNHM. Pire encore, c’est que les mauritaniens et les sénégalais viennent acheter nos produits mais n’arrivent pas à sortir », poursuit notre interlocuteur.

La fraude tue les huileries

Selon la FNHM, les huileries membres produisent plus de 20 millions de litre ‘huile par an, malgré les difficultés rencontrées, mais elles se trouvent confrontées à une concurrence déloyale due à des licences d’importation accordée par l’Etat à certains opérateurs économiques. « Nos frontières sont poreuses. L’huile vient d’Algérie, de la Mauritanie, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, d’un peu partout. Nous avons saisi qui de droit, rien n’y fait, les choses s’empirent puisque ces importations à l’emporte-pièce jouent sur nos prix et provoquent de graves manques à gagner pour nos unités industrielles. Sans compter l’huile autorisée par le gouvernement qui rentre sur le territoire national !!! », ajoute M. Sidiki Diabaté, SG de la FNHM. En clair, cette fraude aussi contribue à tuer ces huileries. « Par exemple, il y a des opérateurs qui déclare avoir dans leur camion 10 000 bidons d’huile y a 30 000.cela leur permet de fixer des prix qui jouent sur nos ventes. Nous sommes contraints souvent par cette situation, de faire du couper-coller pour survire, pour nous maintenir », a poursuivi le SG. Selon lui « En une décennie, ils achetaient la tonne de graine de coton à 12 500FCFA, de nos jours, elle coûte 106 200 FCFA la tonne ».

2016, une bouffée d’oxygène

Selon les responsables de la FNHM, l’année 2016, a été une bouffée d’oxygène avec l’exonération de la TVA sur la graine de coton au Mali et à l’importation

Cette année, les conditions d’octroi de cette exonération sont différentes puisque l’application pose problème. La conséquence a vu que la majorité des huileries de la FNHM n’en n’ont pas bénéficiée. « A peine 10% des membres de la FNHM ont bénéficié de cette exonération à cause de critères pourtant bien remplis par tous dont la présentation d’un Quitus, de la patente, des Statuts, du NIF, des factures CMDT, du Registre de Commerce ». Il s’avère que la première liste de 47 unités, tous n’en ont pas bénéficié alors que l’hivernage s’est déjà annoncée, sans compter les dettes contractées auprès des banques. Un doigt accusateur est pointé vers le ministre Ag Erlaf qui ne suit pas la FNHM et qui favoriserait certaines unités (minoritaires) au détriment de la majorité.

Ag Erlaf et ses préférences…

D’ailleurs, ces tournées dans les unités industrielles à l’intérieur ont permis de dévoiler, voire de mettre sa préférence pour certaines unités au détriment de certaines, la quintessence. Comment comprendre qu’il visite une huilerie à Koulikoro et refuse d’aller à Mopti ou San?, s’interroge-t-on à la FNHM.

Selon nos informations, pour donner un sens à sa démarche discriminatoire, Ag Erlaf pose de nouvelles conditions à la FNHM telles que la fabrique d’emballages qu’il exigerait de fabriquer alors qu’il n y a dans tout le pays que quatre, voire cinq usines dans ce sens. Si dans un an, les huileries ne se conforment pas à cette nouvelle requête, il sera obligé de les fermer.

La politique de deux poids, deux mesures…

La politique de deux poids, deux mesures n’est-elle pas passée par là ? Qui Ag Erlaf veut-il favoriser au détriment de la majorité ?

Dans ce secteur qui emploie des milliers de personnes, force est de reconnaître que la FNHM a valorisée la graine de coton que la CMDT il y a quelques années brulait par faute de preneurs.

Seulement, la politique du ministre Erlaf pour le partage de la graine va pousser beaucoup d’huileries à mettre les clés sous le paillasson. Ce que la FNHM et la CMDT veulent éviter à tout prix.

Les plus hautes autorités sont interpelées.

La FNHM veut l’application de l’arrêté ministériel sur les exonérations

De nos jours, la FNHM veut l’application de l’arrêté sur l’exonération de la TVA afin que tout le monde puisse bénéficier.

En guise de rappel, lors du passage du ministre Amadou Diallo à la tête de ce département, il a su distribuer la graine de coton à la majorité des huileries de la FNHM. Idem sous le règne du PDG de la CMDT de l’époque, M. Tiéna Coulibaly et même de Moulaye Ahmed, actuel ministre de l’Agriculture.

Tentative de politisation du secteur…

Dans la politique de ces trois hauts cadres, le souci constant demeure le développement du secteur. Avec Ag Erlaf, il semble politiser le secteur. Ce qui n’est pas conforme aux réalités.

En tout cas, la FNHM n’est pas prête à accepter d’être écrasé et se battra pour que les droits de ses membres soient respectés pour que le secteur pourvoyeur d’emplois et de valeur ajoutée puisse prospérer pour le bonheur du peuple malien.

Bokari Dicko, envoyé spécial à Koutiala

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